« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », déclarait Jacques Chirac en ouverture du sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002.

Seize ans plus tard, force est de constater que les grands de ce monde n’ont pas pris la mesure de la catastrophe qui se déroule sous nos yeux. Nicolas Hulot a d’ailleurs dressé le constat de son propre échec, déclarant même que l’écologie ne pouvait être compatible avec le « modèle libéral dominant ».

Il y a quelques jours, le GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) rendait un rapport extrêmement alarmiste sur la hausse des températures.

Face à une telle situation, on croit parfois que les enjeux nous dépassent, que « ça ne dépend pas de nous ». Or, bien souvent, des initiatives locales peuvent montrer le chemin. A l’échelle de nos villes et de nos territoires, nous devons jouer notre rôle d’éveil des consciences et créer les conditions d’expérimentations audacieuses.

De nombreuses villes ont d’ailleurs pris des initiatives, en France, en Europe et partout dans le monde. Elles doivent nous inspirer et nous stimuler.

Bayonne a, assurément, un « temps d’avance » en matière d’effets d’annonce, d’opérations de communication ou d’organisation d’événements, de défilés, de marches ou de concerts. Ces derniers donnent souvent lieu à de grands engagements, malheureusement vite remisés au rayon des souvenirs.

Car en matière de mesures crédibles, efficaces et réalistes, notre ville est malheureusement très en retard.

Mobilisation générale pour une écologie positive

Nous souhaitons une mobilisation générale en faveur de l’écologie et du développement durable.

Il n’est pas question de se lancer dans des mesures vexatoires à l’égard de ceux qui sont obligés d’utiliser leur voiture pour aller travailler, de ceux qui ne feraient pas assez de vélo ou qui ne mangeraient pas assez « bio ». Le combat écologique ne doit pas être punitif.

Nous voulons au contraire une écologie positive, volontaire et incitative. Il s’agit de faire en sorte que la puissance publique soit exemplaire et montre la voie.

Il ne sert à rien de promouvoir le bio et les circuits courts si on ne les met pas en œuvre dans les cantines scolaires, dans les crèches ou dans les lieux de restauration collective.

Il ne sert à rien d’inaugurer des bornes de recharge pour véhicules électriques si on n’aide pas les Bayonnais à l’acquisition desdits véhicules et si on ne les incite pas, d’une manière générale, à moins utiliser leur voiture.

Il ne sert à rien de promouvoir le vélo si le maillage des pistes cyclables est l’un des plus pauvres des grandes agglomérations françaises, et l’un des moins sûrs.

Il ne sert à rien de défendre les économies de papier si on laisse la publicité envahir l’espace public… et nos boîtes aux lettres.

Il ne sert à rien de promouvoir un « tram-bus » électrique si on n’imagine pas de production locale d’électricité, si on n’aménage pas de parkings relais en périphérie du cœur urbain et si on ne prévoit pas un cadencement suffisant permettant des déplacements rapides et efficaces.

Car le constat sera alors le suivant et nous n’aurons que nos couloirs de bus pour pleurer : le report modal ne fonctionnera pas, les embouteillages s’aggraveront et le « tram-bus » n’aura été qu’un outil de communication.

De même, il ne sert à rien d’inaugurer une chaufferie bois si on n’agit pas sur l’isolation thermique des logements (en aidant les propriétaires, comme beaucoup de communes le font) et si on ne montre pas l’exemple sur les bâtiments communaux et si l’on n’est pas vigilant sur la pollution atmosphérique.

Le développement durable doit guider toute action politique et ne doit pas être un simple argument de communication et d’habillage des politiques publiques !

Au-delà des paroles et des défilés, le temps doit être à l’action.

En matière d’écologie, ceux qui en parlent le plus sont souvent ceux qui en font le moins.

Notre ambition écologique ne sera pas un instrument de marketing.

Elle sera, en revanche, fondatrice et inspiratrice de notre projet.

Nous agirons sur plusieurs leviers :

  • La promotion des circuits courts, des productions locales, du « made in France », notamment dans les marchés publics et dans la politique d’achat ;
  • La mise en œuvre d’un vaste programme d’économies d’énergie, qui aura le double mérite d’agir concrètement contre le réchauffement climatiques et de soulager les finances communales : appliqué aux bâtiments communaux, aux véhicules municipaux, à l’éclairage public, il concernera aussi les transports collectifs et les logements privés, par des aides directes aux propriétaires ;
  • La recherche de l’autonomie énergétique avec le développement d’énergies renouvelables : solaire, éolien, géothermie… De grandes villes y sont parvenues ; pourquoi pas la nôtre ?

D’autres sujets méritent également d’être explorés : la question des déchets, qu’il s’agisse de leur collecte, de leur traitement ou de leur valorisation énergétique ; la mise en œuvre d’une ville durable, qui assure le retour du commerce et d’espaces de travail en centre ville et dans les quartiers, pour limiter les déplacements autant que possible.

La construction d’écoquartiers et de logements passifs doit s’envisager avec des transports collectifs efficaces et des services de proximité, bien loin de l’exemple actuel du quartier du Séqué !

Enfin, il nous faudra passer des paroles aux actes sur la réouverture de la « ligne du soufre ». A l’heure des tramways et autres navettes fluviales, cette ligne déjà existante aurait le mérite de desservir de nombreux équipements structurants : port de plaisance d’Anglet, BAB, Pontots-Forum, hôpital, lycée, terrains de sport, gare SNCF … Un tel projet agirait plus concrètement sur notre quotidien que les coûteux et improbables grands projets ferroviaires dont on nous rabat encore les oreilles.

Toutes ces questions ont besoin de temps pour être abordées et pour que chacun d’entre nous puisse se les approprier. C’est dans la concertation et dans une démarche participative qu’elles pourront être traitées et mises en œuvre.

L’écologie ne doit pas être l’apanage de quelques privilégiés fortunés qui auraient les moyens de l’intégrer à leur mode de vie, ou de militants en mal de bonne conscience.

Il doit s’agir d’un cercle vertueux, dans lequel chacun, du moins fortuné au plus fortuné, des petits aux grands, doit pouvoir trouver son compte. Loin des gadgets, les mesures que nous proposons ont vocation à s’adresser à tous et à susciter l’adhésion du plus grand nombre.

L’équation sera gagnante : des économies pour la ville et pour les Bayonnais ; une qualité de vie améliorée ; un engagement fort pour la préservation de la planète et de l’humanité.

Henri Etcheto

Bayonne Ville Ouverte

Bayonne Ville Ouverte

Le groupe Bayonne ville ouverte se compose de Henri Etcheto, Marie Picard Felices, Alain Duzert, Hervé Pallas, André Artiaga, Colette Capdevielle, Juliette Brocard.

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