Sur l’échelle Richter de la confiance, les élus sont à peu près au même niveau que … les agents immobiliers.
Le fossé ne cesse de se creuser, le dégoût et la défiance ne cessent de gagner du terrain.

C’est dire si le chantier est vaste pour que les élus regagnent la confiance qu’ils n’auraient jamais dû perdre.

Même si la France dispose d’un personnel politique et de l’une des administrations les plus intègres et compétentes au monde, il faut rappeler que 76 % des Français estiment leurs dirigeants corrompus ou du moins n’agissant pas au seul service de l’intérêt général mais plutôt en fonction d’intérêts locaux ou de carrière professionnelle selon la section française de Transparency International.

Comment en sommes nous arrivés là ?

Le fait que des élus aient eu des comportements délictuels très graves, détournements de fonds, fraude fiscale, corruption…et aient été peu ou pas condamnés est à l’origine de la crise morale actuelle .

Un ver, même petit, pourrit la pomme.

L’affaire Cahuzac a fait des ravages dans l’opinion publique ; en charge de politiques budgétaires rigoureuses, Jérôme Cahuzac a fraudé et menti au Président de la République et à la représentation nationale.

L’affaire Fillon a fini de consterner : ancien 1er ministre et candidat désigné à la primaire de la droite pour devenir Président de la République, François Fillon, qui avait fondé son programme sur des politiques budgétaires austères, s’est révélé commettre des actes en opposition totale à ses discours .

En outre, que certains faits ne soient pas poursuivis ou jugés de longues années après, que les sanctions pénales soient clémentes lorsqu’elles sont prononcées, aggrave la défiance et le réflexe du « tous pourris » .

De plus, le comportement et les réactions de quelques élus, très rares heureusement, ont des conséquences graves sur l’image publique véhiculée.

Un élu n’a pas à insulter des fonctionnaires, à entraver leur action, à les intimider.

Si je lui reconnais le droit à la vieille ficelle de la théorie du complot, je reste convaincue que les charges de Jean Luc Mélenchon tant à l’encontre de la justice que de la presse de service public, si elles peuvent recueillir un éphémère accueil populaire, entachent toute sa carrière et donne une image désastreuse des élus .

Probablement le fait que certaines carrières politiques soient trop longues, que nombre d’élus locaux cumulent des mandats et que des apparatchiks monopolisent des fonctions électives contribue à la défiance généralisée.

Avec une éthique politique élastique, certains s’éloignent de leurs engagements électoraux, élus grâce à une étiquette politique, ils s’en affranchissent allègrement tout en conservant, au chaud, leurs mandats électifs.

Ces attitudes, si elles sont légales, sont peu déontologiques et déstabilisent nos compatriotes dans la confiance qu’ils accordent par le vote à ces élus migrants.

Dès 2020, en application de la loi du 31 mars 2015, votée par l’ancienne Majorité parlementaire, les élus devront obligatoirement adhérer à une Charte qui prévoit, au terme de 7 Articles que l’élu local exerce ses fonctions avec impartialité, diligence, dignité , probité et intégrité ; que l’élu poursuit le seul intérêt général, à l’exclusion de tout intérêt qui lui soit personnel, qu’il prévient et fait cesser immédiatement tout conflits d’intérêts , qu’il n’utilise pas les ressources et moyens mis à sa disposition à des fins personnelles, qu’il participe avec assiduité, qu’il reste responsable de ses actes pour la durée du mandat devant l’ensemble des citoyens à qui il doit rendre compte des actes et décisions.

C’est un progrès car l’adhésion de l’élu à cette Charte va créer enfin un cadre déontologique destiné à préciser les normes de comportement que les élus doivent adopter .

Cela sera t’il suffisant ? Rien n’est moins sûr !

Il faut aller au delà et imposer des règles claires en matière de conflits d’intérêts, que l’intérêt soit professionnel, familial ou personnel et exiger de l’élu qu’il se déporte de tout acte dans lequel lui même ou ses proches sont concernés.
En matière d’impartialité, l’élu devra refuser des avantages liés à l’exercice de ses fonctions, ne pas accepter de cadeaux et libéralités, à l’exception des cadeaux protocolaires lesquels seront listés et consignés sur un registre et attribués à la collectivité.

L’élu devra refuser des invitations qui par leur nature et/ ou fréquence n’ont pour objectif que d’influencer l’exercice indépendant de son mandat.

De nombreuses pistes restent à explorer.

Il conviendrait aussi d’aggraver les sanctions pénales pour les élus délinquants et que la peine d’inéligibilité soit automatique.

La déclaration d’intérêts et de patrimoine devrait s’imposer à tous les élus et, en cas de fraude, leur élection annulée.
Fort heureusement les initiatives citoyennes se multiplient avec des lanceurs d’alerte aguerris.
Ce sont les citoyens, grâce à leurs actions militantes, qui encourageront les élus à être exemplaires pour regagner la confiance perdue.

Colette Capdevielle

Bayonne Ville Ouverte

Bayonne Ville Ouverte

Le groupe Bayonne ville ouverte se compose de Henri Etcheto, Marie Picard Felices, Alain Duzert, Hervé Pallas, André Artiaga, Colette Capdevielle, Juliette Brocard.

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